Projet de la Petite Ceinture de Paris
Projet à l'étude de la Petite Ceinture de Paris

      Projet en cours, avec Jungho Park et Valentin Million.
Ce projet tend à réféchir sur le devenir de la Petite Ceinture de Paris. Ce projet, non scolaire, questionne d’une part le rapport au paysage et d’autre part le potentiel écologique et sociologique. De par sa nature de friche ferroviaire, elle représente une brèche inexploitée dans Paris. Sa requalification permettrait de créer 20 km de pistes cyclables et de promenades piétonnes plantées. Elle relierait 10 parcs publics ainsi que de nombreux squares. Il s’agit d’une opportunité pour créer une continuité écologique entre les divers poumons verts parisiens. En reliant par la même occasion les diverses coulées vertes et promenades plantées reliant le centre de la ville aux banlieues, Paris pourrait posséder, avec plus de 50 km, la plus longue continuité piétonne de trames verte et bleue existants en milieu urbain. D’un point de vue urbain, le projet ferait peut-être émerger de nouveaux flux de déplacement doux, empruntant les pistes piétonnes et cyclables. Alternant entre des tronçons en fossé, en talus, souterrains et sur pont, le paysage qu’offrirait la Petite Ceinture aurait un rapport d’intégration de la nature au paysage urbain et au tissu architectural la longeant. 
D’un point de vue environnemental, le projet permettrait d’augmenter la proportion d’arbres à Paris, augmenterait le nombre de lieux d’habitation pour les oiseaux et les insectes et augmenterait la rétention des eaux de pluie. Ces mesures réduiraient de manière conséquente le nombre d’îlots de chaleur. Les habitations proches bénéficieraient aussi d’un meilleur cadre de vie et serait incitées, comme nous l’avons déjà dit, à développer l’aspect écologique de leur lieu de vie. Du point de vue sociologique, la multiplication des jardins partagés, comme il en existe déjà quelques-uns, influeraient sur les échanges et les liens sociaux entre les habitants. Les écoles voisines pourraient également en profiter et tirer profit de l’aspect pédagogique de la nature sur la Petite Ceinture. De plus, certaines parties pourraient être aménagées dans un but participatif et créatif : 
- par exemple dans les parties souterraines, l’affichage des créations de jeunes talents permettrait de les faire connaitre (photographie, peinture, etc) et ferait émerger l’aspect culturel de cette requalification. 
- quelques zones destinées à une collaboration entre créateurs et écoles de création valoriseraient une fois de plus l’art sur le parcours, mais constitueraient également un bon complément dans la formation des futurs créateurs français. Comme nous l’avons vu, multiplier les thèmes transversaux du jardin engendre une meilleure appropriation de cet espace par les habitants. 
- enfin certaines zones seraient réservées aux Parisiens pour leur permettre de présenter au grand public des idées. Ces espaces leur permettraient aussi d’inventer de nouvelles formes d’appropriation qu’aucun urbaniste ni architecte ne pourrait prévoir, car cela est impossible. 
La Petite Ceinture a un potentiel bien plus important que ce que l’on imagine et relève de l’urbanisme dans tous ses domaines. Ce projet est à la croisée de l’architecture, de l’art, de l’écologie et de la sociologie. Le lien social et la nature doivent être les pierres angulaires du projet. Les programmes énoncés ne représentent que quelques propositions, car ils seront nombreux, variés et surtout choisis par les habitants. Grâce aux nouvelles technologies de communication et en liaison avec les nouvelles pratiques de conception de l’urbanisme, les concertations participatives se développent et dans le cas présent permettront d’aménager des espaces plus en lien avec les Parisiens. 
Que ce soit pour le Grand Paris ou pour la transformation de Paris en ville durable, la réflexion sur la place de la nature en ville est devenue aujourd’hui tout à fait indissociable de celle du développement urbanistique de la ville. Cela s’applique aussi bien à Paris que dans la plupart des autres villes du monde et même pour les espaces de suburbanisation. Cette question de rapport entre la nature, l’architecture, la ville et le paysage constitue le nouvel axe majeur de conception mais représente aussi le nouveau défi à relever pour l’architecture et l’urbanisme du XXIe siècle.